Pourquoi il ne faut jamais croire les banques

NDLR: Ceci un article de la journaliste Agnès Rousseaux, extrait du site Bastamag!. L’article est licence Creative Commons BY-NC-ND. Vous pouvez le consulter à la source > http://www.bastamag.net/article2256.html. Un article à lire au calme, et très attentivement car très instructif. Si l’article vous plaît, soutenez Bastamag en effectuant un donBonne lecture !

Où en est la régulation du secteur bancaire et financier ? Quatre ans après le début de la crise, le bilan est bien maigre, déplore Pascal Canfin, député européen écologiste et cofondateur de Finance Watch. Après avoir bénéficié de la généreuse assistance des États, les banques et leurs dirigeants freinent la moindre tentative de régulation et continuent d’organiser la fraude fiscale. Pourtant, plusieurs mesures simples existent pour reprendre le contrôle de la finance folle. Entretien.

Basta ! : La crise bancaire n’a rien coûté rien aux contribuables, affirment les banques françaises. Qu’en est-il réellement ?

Pascal Canfin : 4 000 milliards de dollars ont été déboursés ou prêtés par les États pour sauver le système financier ! La Société générale a été sauvée par les contribuables américains, au moment de la crise des subprimes. Beaucoup de banques françaises avaient acheté des subprimes (des produits financiers adossés à des prêts immobiliers aux États-Unis, ndlr) et s’étaient assurées contre les risques de pertes de ces produits, par des CDS (Credit default swap), auprès d’AIG, premier assureur mondial. En 2007, lors de la crise des subprimes, les banques se sont tournées vers AIG, qui leur a répondu :« Désolé, j’ai déjà tout versé en dividendes et en bonus ! » Face à la menace de faillite, AIG s’est tournée vers la Banque centrale américaine, qui a débloqué 85 milliards de dollars. La Société générale a ainsi reçu 12 milliards de dollars [1] (presque autant que Goldman Sachs, premier bénéficiaire du sauvetage, qui a touché 13 milliards de dollars, ndlr). Natixis, la banque d’investissement, filiale des Caisses d’épargne et des Banques populaires, a aussi été sauvée grâce à l’épargne des Français. Et le sauvetage de Dexia aura sans doute coûté 10 milliards d’euros aux contribuables français. Trois banques, ce n’est pas rien…

À cela s’ajoute le manque à gagner pour les finances publiques à cause de l’évasion fiscale organisée par les banques. La Cour des comptes l’évalue à 30 milliards d’euros. C’est, de très loin, la plus grosse niche fiscale en France. Ça devrait être la priorité n° 1 à régler. Il ne peut pas y avoir d’évasion fiscale sans complicité des banques : en 2009, les banques françaises disposaient de460 filiales dans les paradis fiscaux. BNP-Paribas y a 189 filiales… La moitié des profits de la Société générale dans le monde sont localisé dans un seul pays. Devinez lequel ! Le Luxembourg.

Les banques françaises disent qu’elles ont tiré les leçons de la crise, qu’elles sont favorables à davantage de régulation. Seraient-elles plus progressistes que leurs concurrentes ?

Je ne vois pas de différence fondamentale dans leurs pratiques. Elles spéculent sur les matières premières et sur les dettes des États, elles pratiquent l’évasion fiscale, elles ont des filiales dans les paradis fiscaux. Parmi les 14 grosses banques d’affaires mondiales – celles qui font le plus de lobbying –, 3 sont françaises : BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole. Les actifs de BNP sont aujourd’hui supérieurs au PIB de la France (soit 2 240 milliards d’euros fin 2010, avec une augmentation de 34 % en trois ans, ndlr). Les banques font un incroyable travail de lobbying en commun. Le Crédit agricole, avec la Royal Bank of Scotland (RBS) et Goldman Sachs, par exemple, au sein de l’ISDA (International Swaps and Derivatives Association).

(suite…)

Continuer la lecture

Bitcoin, une devise complémentaire universelle

NDLR : Ceci est un article de Pierre Noizat, Directeur général de Paymium, extrait du site ParisTech: Review. L’article est sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Vous pouvez également le consulter à la source > http://www.paristechreview.com/2012/01/20/bitcoin-devise-complementaire-universelle. Bonne lecture !

Bitcoin est une application de paiement en ligne disponible depuis janvier 2009. Créée par la communauté du libre, elle évoque le World Wide Web, l’application d’Internet dont le succès a ouvert la voie à tant d’autres. Le Web a révolutionné le partage et la production des savoirs; bitcoin transforme le consensus social autour de la création monétaire, ouvrant la voie à une nouvelle liberté économique.

La pertinence des devises complémentaires a été fortement soulignée par l’émergence d’une économie mondialisée et financiarisée, au sein de laquelle les Etats luttent pour la croissance et les excédents commerciaux. Jusqu’en 2009, les démarches en faveur d’une réforme monétaire gravitaient autour de mécanismes orchestrés par les gouvernements et le système bancaire. Avec l’entrée en lice d’une nouvelle devise universelle, alliée à la puissance transformatrice du web, de nouvelles solutions peuvent être explorées pour des réformes sociales et économiques: en ce sens, une devise universelle comme bitcoin permet de redéfinir la monnaie.

La base de données de transactions bitcoin
Le protocole bitcoin précise comment construire et gérer une base de donnée de transactions en ligne. Les transactions sont publiées et signées électroniquement (en ayant recours à de la cryptographie asymétrique et à des paires de clés). Le protocole exige une validation de toutes les transactions par les nœuds du réseau.

Comme toutes les transactions de la base de données sont reliées entre elles par cryptographie, ce qui explique pourquoi la base de données bitcoin est souvent qualifiée de “chaîne” bitcoin, la moindre modification d’une transaction passée demanderait un nouveau calcul de la chaîne à partir de cette transaction.

Les signatures par des clés privées garantissent la propriété de toute quantité de bitcoins reçue sur une adresse bitcoin: la connaissance de la clé privée associée à l’adresse de réception est nécessaire pour dépenser ultérieurement tout ou partie du montant reçu. La base de données de transactions détient toute l’information nécessaire pour qu’un propriétaire d’adresse puisse recevoir et dépenser n’importe quelle quantité de bitcoin: la base de données et le protocole de communication donnent naissance conjointement à une nouvelle devise électronique.

(suite…)

Continuer la lecture
Fermer le menu