Le paradoxe de Moravec

NDLR : Ceci est la fiche française de wikipédia concernant le Paradoxe de Moravec. Elle est mis à disposition sous licence Creative Commons BY-SA. Vous pouvez également la consultez à la source > https://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_Moravec. Bonne lecture !

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Le paradoxe de Moravec est la découverte par les chercheurs en intelligence artificielle et en robotique que le raisonnement de haut niveau est beaucoup plus facile à reproduire et simuler par un programme informatique que les aptitudes sensorimotrices humaines. Ceci peut sembler contre-intuitif du fait qu’un humain ne ressent pas de difficulté particulière à effectuer des tâches relevant de cette dernière catégorie, contrairement à la première.

Ce paradoxe a été formalisé entre autres par Hans Moravec dans les années 1980.

On peut citer, comme exemples de tâches des deux catégories :

  • tâches sensorimotrices difficiles à simuler : reconnaissance d’un objet, d’un visage, d’une voix ; faculté de déplacement dans un environnement tridimensionnel, lancer et attraper une balle ; juger des motivations d’autres individus, de leurs émotions ; faculté d’attention, de motivation…
  • facultés de raisonnement aisées à reproduire : mathématiques, logique, planification, jeux…

Selon Marvin Minsky, ce paradoxe peut être expliqué par le fait que lorsque le cerveau humain maîtrise parfaitement une tâche, celle-ci ne s’exécute pas consciemment, contrairement aux tâches mal maîtrisées. Ces tâches inconscientes ne sont donc pas cataloguées comme difficiles.

Selon Moravec, la théorie de l’évolution permet également d’expliquer ce paradoxe. Les tâches sensorimotrices, en tant que fonctionnalités biologiques anciennes, ont été perfectionnées par les mécanismes évolutionnaires durant des millions d’années. Les facultés de raisonnement, apparues très récemment sur le plan biologique, ne se sont pas encore perfectionnées autant. On peut aussi penser que le temps que les chercheurs mettront avant de réussir à reproduire le comportement sensorimoteur des humains sera proportionnel au temps depuis lequel ces facultés évoluent chez les animaux.

Ce paradoxe peut partiellement expliquer la pause donnée aux recherches en intelligence artificielle dans les années 1970, alors que l’optimisme des découvertes initiales retombait face aux nouvelles difficultés rencontrées à réaliser des tâches qui semblaient de prime abord plus faciles. Il a aussi donné naissance au courant de recherche intitulé « Nouvelle IA ».

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