Paradoxe de l’âne de Buridan

Aujourd’hui j’ai découvert lors de la lecture d’un article, le paradoxe de l’âne de Buridan. Qu’est-ce donc ? La réponse selon wikipédia (ah bah oui, je suis blogueur 😉

—————————————————————————————————-

Le paradoxe de l’âne de Buridan est la légende selon laquelle un âne est mort de faim et de soif entre son picotin d’avoine et son seau d’eau, faute de choisir par quoi commencer.

On ne peut, à proprement parler, faire de ce cas de figure un paradoxe logique ; il s’agit plutôt d’un cas d’école de dilemme poussé à l’absurde.

  • Chez Buridan

Le paradoxe de l’âne de Buridan n’apparaît dans aucune des œuvres connues de Jean Buridan, bien qu’il soit tout à fait cohérent avec la théorie buridanienne de la liberté et de l’animal.

Buridan ne discute pas du problème particulier mais son apport est qu’il plaida pour un déterminisme moral où, sauf pour l’ignorance ou l’embarras, un humain qui fait face à des comportements possibles doit toujours choisir le plus grand bien. Buridan considère que la volonté peut retarder le choix pour déterminer plus complètement les résultats possibles de l’option. Des présentateurs ultérieurs ont satirisé cette vue en un âne assoiffé et affamé, positionné à égale distance entre un seau d’eau et un seau d’avoine. L’âne meurt de faim et de soif alors qu’il hésite entre ses deux désirs.

  • Chez Aristote

Le problème apparaît dans De Caelo (295b32), où Aristote se demande comment un chien qui doit choisir entre deux nourritures également attirantes choisit entre elles.

De même, Aristote se demande avec perplexité ce qui arriverait en cas de tension excessive d’une corde parfaitement homogène et « ne sachant donc pas » en quel point se rompre.

  • Chez Spinoza

Il semble que Spinoza soit le premier à parler de l’« ânesse de Buridan » (« Buridani asina »). Dès les Principes de la philosophie de Descartes démontrés selon la méthode géométrique, texte paru en 1663, le philosophe amstellodamois mentionne cet argument :

« Qu’il existe une volonté. – Que d’ailleurs l’âme a une telle puissance, bien que n’étant déterminée par aucunes choses extérieures, cela se peut très commodément expliquer par l’exemple de (l’ânesse) de Buridan. Si en effet l’on suppose un homme au lieu d'(une ânesse) dans cette position d’équilibre, cet homme devra être tenu non pour une chose pensante, mais pour l’âne le plus stupide, s’il périt de faim et de soif» (Partie II de l’Appendice contenant les «Pensées métaphysiques», tr. fr. Charles Appuhn, p. 388, chez GF-Flammarion, Paris, 1964, publié avec le Traité de la réforme de l’entendement, titre principal).

Dans le scolie de la proposition 49 de la deuxième partie de l’ÉthiqueSpinoza répond à une objection possible contre son propre système :

« On peut […] objecter que, si l’homme n’opère pas par la liberté de la volonté, qu’arrivera-t-il donc s’il est en équilibre, comme l’ânesse de Buridan ? Mourra-t-il de faim et de soif ? Que si je l’accorde, j’aurai l’air de concevoir une ânesse, ou une statue d’homme, non un homme ; et si je le nie, c’est donc qu’il se déterminera lui-même, et par conséquent c’est qu’il a la faculté d’aller, et de faire tout ce qu’il veut. […] J’accorde tout à fait qu’un homme placé dans un tel équilibre (j’entends, qui ne perçoit rien d’autre que la soif et la faim, tel aliment et telle boisson à égale distance de lui) mourra de faim et de soif. S’ils me demandent s’il ne faut pas tenir un tel homme pour un âne plutôt que pour un homme ? je dis que je ne sais pas, pas plus que je ne sais à combien estimer celui qui se pend, et à combien les enfants, les sots, les déments, etc. » (tr. fr. Bernard Pautratp. 191 et 195.)

Spinoza procède à une généralisation que Buridan aurait refusée. Selon Buridan, en effet, l’âne mourrait de faim et de soif, mais un homme placé dans la même situation serait capable de choisir arbitrairement : c’est la « liberté d’indifférence ». Spinoza, en revanche, estime que sur ce point il n’y a pas de différence entre l’homme et l’animal : même l’homme mourrait de faim et de soif.

  • Comptine de Voltaire

Ce paradoxe inspira Voltaire:

«Connaissez-vous cette histoire frivole
D’un certain âne illustre dans l’école?
Dans l’écurie on vint lui présenter
Pour son diner deux mesures égales,
De même force, à pareils intervalles;
Des deux côtés l’âne se vit tenter
Également, et, dressant ses oreilles,
Juste au milieu des deux formes pareilles,
De l’équilibre accomplissant les lois,
Mourut de faim, de peur de faire un choix.»
Voltaire

Source > Wikipédia – http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Buridan#Paradoxe_de_l.E2.80.99.C3.A2ne_de_Buridan

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.