Archive for category: Internet

Assange inculpé : le regrettable silence des journalistes

NDLR: Ceci est un article de Félix Tréguer, chargé des affaires institutionnelles et juridiques de La Quadrature du Net, extrait de son (excellent) site We The Net. L’article est sous licence Creative Commons BY. Vous pouvez également le consulter à la source > http://www.wethenet.eu/2012/03/assange-inculpe-le-regrettable-silence-des-journalistes.

Bonne lecture !

Julian Assange Wikileaks named Man of the Year by Le Monde

Le « Grand Jury » mis en place l’an dernier par le ministère de la Justice américain, suite à la révélation des câbles diplomatiques par WikiLeaks, aurait bel et bien inculpé Julian Assange, sur le terrain de l’espionnage1. C’est là l’une des révélations majeures contenues dans les e-mails de la société de renseignement privée Stratfor, publiés cette semaine par WikiLeaks.

Presse traditionnelle vs. Julian Assange

Cette nouvelle particulièrement inquiétante pour la liberté de la presse et la transparence de nos démocraties reste pourtant négligée. Tout se passe comme si les grands médias traditionnels ne mesuraient pas réellement l’importance de ce qui si joue. Et il en va de même du côté des ONG défendant la liberté de la presse : ni l’ACLU, ni le Comité de Protection des Journalistes, ni Reporters Sans Frontières ne se sont émus de la nouvelle, que le ministère de la Justice américain – tout en se refusant à la confirmer – ne dément pas.

Comme si l’entreprise de diabolisation du fondateur de WikiLeaks avait fonctionné. Comme si les efforts de distanciation d’une partie de la « grande presse internationale » qui a collaboré avec WikiLeaks (le New York Times et le Guardian en particulier) avaient réussi. Depuis plusieurs mois en effet, ces derniers n’ont eu cesse d’expliquer que WikiLeaks ne mène pas un travail journalistique, et de décrire Assange comme un homme à l’éthique douteuse, un idéologue buté et viscéralement hostile aux États-Unis. Les choses ont encore empiré lorsque, en août 2011, WikiLeaks a pris la décision de publier l’intégralité des câbles diplomatiques, sans vérifier au préalable leur contenu. Assange est alors tombé en disgrâce aux yeux de nombreux journalistes qui le soutenaient encore, et ce alors même que, dans cette affaire, le Guardian est au moins aussi responsable que WikiLeaks.

Ce divorce croissant entre les journalistes professionnels et Assange ne serait pas inquiétant s’il n’influait pas sur la manière dont nos sociétés se représentent WikiLeaks, et avec WikiLeaks les autres « sonneurs d’alerte » actifs sur Internet. Car à partir du moment où l’on admet que Assange et ses collaborateurs ne font pas partie du « club du journalisme officiel », il devient alors bien plus aisé d’admettre qu’ils puissent ne pas bénéficier des protections de la presse, et donc de justifier des poursuites pour espionnage. Et pourtant…

En droit américain, « WikiLeaks is (a form of) journalism »

Dans un article publié dans la Harvard Civil rights-Civil Liberties Law Review2, le professeur de droit et grand penseur de la société en reseau Yochai Benkler le montre de manière magistrale : le Premier amendement à la Constitution américaine – qui consacre la liberté de la presse – protège Assange au même titre qu’elle protège le directeur de publication du New York Times. Le fait d’être un journaliste professionnel rattaché à un groupe de presse ne change rien à l’analyse. Ce n’est pas le mode organisationnel ou la méthode qui intéressent le juge américain, mais bien l’intention de l’auteur ou de l’éditeur qui souhaite porter à la connaissance du public des informations d’intérêt général. La jurisprudence citée par Benkler est limpide. Dans l’affaire Von Bulow v. Von Bulow, une Cour d’appel fédérale indique ainsi :

“The individual claiming the privilege must demonstrate (…) the intent to use material–sought, gathered or received–to disseminate information to the public and that such intent existed at the inception of the newsgathering process (…).” “The informative function asserted by representatives of the organized press (…) is also performed by lecturers, political pollsters, novelists, academic researchers, and dramatists.”

Les journalistes professionnels n’ont donc aucun monopole en la matière. Dans l’affaire In re Madden, une autre Cour d’appel fédérale abonde dans le même sens :

“We hold that individuals are journalists when engaged in investigative reporting, gathering news, and have the intent at the beginning of the news-gathering process to disseminate this information to the public.”

Or, il n’y a aucun doute sur le fait que le but de WikiLeaks est bien de collecter de l’information en vue d’informer le public sur des sujets d’intérêt général. Certes, WikiLeaks le fait dans un but militant, en œuvrant ouvertement pour la transparence, mais les motivations politiques ou commerciales qui président au travail journalistique ne rentrent pas en compte dans l’analyse juridique.

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Mike Godwin: « On ne peut pas accuser quelqu’un d’être un nazi en toute désinvolture »

NDLR: Ceci est un article de la journaliste Afifia Belabdoun extrait du site…

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Nous les enfants du Web

NDLR: Ceci est un article de blogueur Polonais Piotr Czerski (également poète, auteur, musicien et informaticien) extrait du journal Dziennik Baltycki. L’article à déjà été traduit en Anglais et en Allemand. La traduction française à été effectué par l’équipe de Framalang (ici avec : Clochix, Goofy, Lamessen et Xavier). L’article original est mis à disposition sous la Licence Creative Commons BY-SA.

Vous pouvez également lire l’article à la source > http://www.framablog.org/index.php/post/2012/02/25/nous-enfants-du-web.

Bonne lecture !
>>> Un texte à lire intégralement. Prenez donc votre temps ;)

Occupy Wall Street Anonymous 2011 Shankbone

Il n’existe probablement pas de mot dont on a davantage usé et abusé dans le cirque médiatique que celui de « génération ». J’ai essayé un jour de compter le nombre de « générations » qui ont été claironnées au cours des dix dernières années, à commencer par la fameuse « génération perdue» ; je pense en avoir dénombré une bonne douzaine. Elles avaient toutes un point commun : elles n’existaient que sur le papier. La réalité ne nous a jamais fourni le moindre signe tangible, symbolique et inoubliable d’une expérience commune qui nous permettrait de nous distinguer des générations précédentes. Nous l’avons attendu, mais en fait le véritable séisme est passé inaperçu, venant avec la télé par câble, les téléphones mobiles et surtout, l’accès à Internet. Ce n’est qu’aujourd’hui que nous pouvons appréhender pleinement à quel point les choses ont radicalement changé depuis les quinze dernières années.

Nous, les enfants du Web; nous qui avons grandi avec Internet et sur Internet, nous sommes une génération qui correspond aux critères de ce qu’est une génération subversive. Nous n’avons pas vécu une nouvelle mode venue de la réalité, mais plutôt une métamorphose de cette réalité. Ce qui nous unit n’est pas un contexte culturel commun et limité, mais la conviction que le contexte est défini par ce que nous en faisons et qu’il dépend de notre libre choix.

En écrivant cela, je suis conscient que j’abuse du pronom « nous », dans la mesure ou ce « nous » est variable, discontinu, nébuleux. Il signifie alors « beaucoup d’entre nous » ou « la plupart d’entre nous ». Quand j’écris « nous sommes » c’est pour dire que nous le sommes souvent. Je n’emploie « nous » que pour être en mesure de parler de la majorité d’entre nous.

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Pour le meilleur et pour le peer : P2P si back ! Yeah baby, yeah !

NDLR: Ceci est un article du journaliste Fabien Soyez, extrait du site OWNI. L’article est sous licence Creative Commons BY-NC-SA. Vous pouvez également le consulter à la source > https://owni.fr/2012/02/21/le-retour-du-peer-to-peer. Bonne lecture !

Vortex

La fermeture de la plateforme de téléchargement direct Megaupload a entraîné un retour aux sources du réseau. Le peer-to-peer revient en force. Analyse.

En 2009, Arbor Networks, société spécialisée dans la gestion des réseaux, affirmait que le modèle de l’échange de fichiers en peer-to-peer, dans lequel chaque client est un serveur,  était en déclin au profit du streaming.

Le 19 janvier, le FBI a ordonné la fermeture de Megaupload, la plus grosse plateforme de téléchargement direct. Panique sur les réseaux. Cogent et Carpathia Hosting, qui transportaient une partie des flux du site de stockage, ont perdu 30% de leur trafic. Craignant la grande purge, des sites comme VideoBB et Fileserve ont rapidement vidé leurs serveurs. Rapidshare et MediaFire ont de leur côté décidé de faire la police eux-mêmes, et de sévir contre leurs propres clients. Au Washington Pirate Party, succursale du Parti pirate américain, Jeffrey Talada constate :

Ces sites sont comme une hydre : vous en supprimez un, vingt naissent à la place. Si Megaupload est coupable, ils iront hors des États-Unis. Mais il subsistera toujours la même faiblesse : la centralisation.

Pour ce farouche opposant au traité Acta et à la loi antipiratage SOPA“Megaupload a prouvé qu’un système centralisé était faible. Des millions d’internautes se rendaient chaque jour sur un seul site, il a suffit de le couper pour que tout disparaisse. Cela n’aurait jamais pu arriver avec le peer-to-peer.” Et de prôner un retour aux sources :

Les gens ont-ils jamais quitté le P2P ? Si le gouvernement ferme quelque chose, les gens iront ailleurs, vers quelque chose d’autre, qu’ils connaissent déjà un peu de préférence.

Selon un observatoire de l’usage de la bande passante à travers le monde mis en place par le constructeur de routeurs Ipoque, le niveau de trafic du P2P, s’est brutalement emballé en Europe après le 20 janvier.

Ressuscité, le peer-to-peer.

La semaine suivant la fermeture de Megaupload, les graphiques mis en ligne par Ipoque montraient ainsi des pics atteignant 15% du trafic total de la bande passante européenne. Les courbes se sont désormais stabilisées. Bittorrent et eDonkey constituent les deux protocoles d’échange les plus utilisés. Selon le site Peerates.net, qui publie des statistiques sur l’usage des serveurs eMule, le nombre de recherches effectuées sur eDonkey serait passé de 110 000 au début du mois de janvier à 200 000 après la fermeture de Megaupload.

Retour aux sources

Au parti pirate français, Maxime Rouquet, co-président, constate un “désœuvrement” des utilisateurs du streaming et du téléchargement direct. Pour lui, le salut passe par le P2P. “Avec l’effondrement en bourse de Cogent, on réalise que techniquement la centralisation est une très mauvaise chose.” Benjamin Bayart, président du fournisseur d’accès indépendantFrench Data Network (FDN) précise :

Techniquement, le téléchargement direct, c’est un point hypercentralisé qui diffuse du contenu en masse. Un État a décidé de couper, ça a été extrêmement rapide. Un système ultra-centralisé est très faible. Le P2P lui, est un système de flux individuels. Entre les deux systèmes, c’est comme entre Internet et le minitel : pour ce dernier, si on coupe le système central, on coupe tout. Pour le Net, c’est un peu plus compliqué, on peut difficilement le couper… Le peer-to-peer, tout comme Internet, ne peuvent être mis en panne.

Économiquement, le Peer-to-Peer serait également “la bonne solution” pour des FAI en surcharge : “Quand des millions de personnes téléchargent en masse en téléchargement direct, ça crée un débit énorme, des instabilités très difficiles à gérer. Le streaming, quant à lui, vous fait télécharger plusieurs fois la même chose… Ces deux systèmes sont dramatiques pour la gestion du réseau.” Le président de FDN ajoute :

Le peer-to-peer lui, est un système de flux individuels qui bougent par petits paquets, jamais par gros blocs, il n’engorge pas le réseau, parce que le trafic est réparti. Les FAI et les opérateurs qui le combattaient il y a cinq ans se rendent compte que c’était peut-être une erreur. Tous les techniciens sérieux savent que le P2P est le plus simple et le plus solide des systèmes. Pour qu’un fichier disparaisse, il faudrait qu’il disparaisse de tous les ordinateurs qui le partagent.

Pas de doute pour Benjamin Bayart, “les gens qui regardaient des vidéos sur Megaupload vont se déployer ailleurs et cela va se traduire par un regain d’activité sur le P2P.”

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Library.nu a fermé et, c’est une catastrophe

NDLR: Ceci est un article du psychologue Yann Leroux, extrait de son blog Psy…

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